Vert Saint-Egrève
Accueil du siteDébats
Brèves
Réfugiés : nous demandons un accueil digne...
mercredi 7 juin

Voici le vœu proposé au vote du Conseil Municipal du 7 juin 2017 de la part du groupe Ecologie, Solidarité, Citoyenneté

Objet du vœu : Accueil des réfugiés : des citoyens et associations veulent se mobiliser, la commune peut les aider

Un Programme d’Accueil et d’Hébergement des demandeurs d’Asile (PRAHDA) devrait ouvrir en juillet au Fontanil dans les locaux de l’hôtel Formule 1. Il soulève le rejet de certains élus et d’habitants du Fontanil. Au contraire, de nombreux Saint-Egrevois et associations d’entraide et de solidarité souhaitent se mobiliser pour que les réfugiés, poussés à quitter leur pays pour fuir la guerre et la misère, reçoivent ici, dans la métropole grenobloise et en particulier dans sa partie nord-ouest, un accueil digne de ce nom. L’Europe ne fait pas correctement son travail pour éviter les conflits à ses portes, l’Etat ne fait pas non plus correctement son travail en ne permettant pas aux réfugiés de déposer leur demande d’asile dès leur arrivée, en laissant trop longtemps trainer la réponse à cette demande, en ne proposant aux réfugiés aucun hébergement, aucune ressource et aucun droit de travailler pendant des mois. Le Conseil Municipal demande que soit organisée une réunion d’information entre la préfecture, le délégataire de l’Etat pour l’accueil des réfugiés et les communes du Fontanil et de Saint-Egrève. Le Conseil Municipal propose par ailleurs que la commune, à travers ses services municipaux compétents et son CCAS, facilite le travail des associations et citoyens qui souhaitent venir en aide aux demandeurs d’asile du Prahda du Fontanil. La commune s’engage donc, dans la mesure de ses moyens, à jouer un rôle de coordination, à mettre à disposition les locaux communaux ou tout autre moyen jugé utile afin d’entretenir cette solidarité avec les réfugiés et la commune du Fontanil.

 
Ce matin démantèlement du camp Saint-Martin le Vinoux
mercredi 28 novembre 2012

popularité : 4%

Evacuation du camp de Roms de Saint Martin le Vinoux

Ce matin 28 novembre le camp de Roms de Saint Martin le Vinoux était évacué par la police. Certains occupants habitent ce camp depuis 3 ans. Trente deux familles, soit 120 à 150 personnes, dont beaucoup d’enfants en bas age et quelques personnes âgées ou handicapées y résident, dans des conditions effrayantes : cabanes de planches et bâches, de 3 à 4 m de côté pour 3 à 6 personnes, chauffage par des braseros artisanaux, pas d’eau, pas de toilettes, énormes tas d’immondices dans le camp, fumées toxiques de combustibles invraisemblables…

Les occupants, roumains pour la plupart, sont presque tous en situation irrégulière. Les roumains, bien que citoyens de l’Union Européenne, ne peuvent rester que 3 mois en France, à moins d’avoir une autorisation de travail, et cela jusqu’en 2014.

Soumis à toutes sortes de persécutions et discriminations dans leur pays, ils le fuient et tentent de s’établir clandestinement dans plusieurs pays européens, dont la France. Malgré les conditions de vie indignes qu’ils rencontrent ici, ils se trouvent mieux qu’en Roumanie. « Ici, nos enfants sont considérés comme les petits français » nous disait une maman dont les enfants sont scolarisés à l’école du Néron.

Certains travaillent épisodiquement au noir pour des sommes dérisoires : 1€ de l’heure, ou parfois 10 à 15€ par jour. Qui est condamnable, celui qui travaille dans ces conditions, ou celui qui profite d’une main d’œuvre quasi-gratuite ?

Ils ne vont pas à l’hôpital de crainte d’être renvoyés en Roumanie. Ils vivent de récupération.

« Les familles ne seront pas séparées et seront relogées dans des préfabriqués à Fontaine et à Saint Martin d’hères », nous a-t-on dit, avec beaucoup d’ambiguïté.

Pour combien de temps ? Personne ne savait répondre clairement. Même si les conditions du camp sont inacceptables, un logement pour quelques mois qui les laissera de nouveau à la rue est-il une meilleure solution ? La réinstallation en partant de rien dans un autre camp sauvage est probable !

Contrairement à ce qui avait été affirmé (oralement, bien sûr…), une dizaine ont été emmenés vers le centre de rétention de Lyon avant l’expulsion du territoire. Est-ce une solution réaliste ? Comme ils l’ont déjà fait dans le passé, ils reviendront, et créeront un nouveau camp ailleurs.

Cette misère indicible, conséquence des persécutions, les pousse évidemment à toutes sortes de trafics pour vivre. Comment ne pas le comprendre !

L’espoir réside dans les enfants : alors que la génération de leurs parents n’a souvent pas été à l’école, leur scolarisation peut leur permettre de sortir du cercle vicieux où ils sont enfermés depuis des générations. Mais cela suppose un accompagnement, une stabilité, des logements convenables, toutes choses qui leur sont aujourd’hui refusées. Comment poursuivront-ils leur scolarité à l’école du Néron ou au collège ?

Nous le savons, notre pays est en crise (les autres ne vont pas mieux !), et cette générosité que nous réclamons est difficile aujourd’hui. Mais arrêtons la démagogie ! Les expulsions coûtent en moyenne de l’ordre de 20 000€ par personne selon le rapport de la mission ” Immigration, asile et intégration ” du Sénat (Projet de Loi de Finances 2009). Et elles n’évitent en rien que le problème se pose à nouveau dans quelques mois.

Un gouvernement « de gauche » aura-t-il le courage de tourner le dos à ces pratiques indignes, et de rechercher enfin les moyens d’offrir aux Roms une chance de s’intégrer dans notre société ?