Vert Saint-Egrève
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Le VAE : tout benef !
mercredi 18 février 2009
par Jacques Monteillier
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La pratique du vélo dans l’agglomération, qui a décru entre 1992 et 2002, semble en nette augmentation. L’enquête ménage qui s’est achevée en décembre 2008 devrait préciser la tendance. Ce qui apparaît nettement, c’est que le vélo semble un bon mode de déplacement pour les 52 % de déplacements courts (moins de deux kilomètres) recensés dans l’enquête ménage de 2002.

Pourtant, les cyclistes habitués des trajets entre Saint-Egrève et Grenoble sont régulièrement dépassés par des vélos d’un nouveau genre : les VAE ( vélos à assistance électrique).

Ces vélos disposent d’un moteur électrique ( de 250 W) alimenté par une batterie qui apporte une assistance au pédalage. Il faut encore pédaler mais avec une pression sur les pédales plus légère qui permet d’atteindre sans trop d’efforts les 25 km/heure soit la vitesse d’un cycliste sportif !

Si, comme les grandes métropoles du Nord le montrent, un simple vélo suffit à améliorer les déplacements, les VAE peuvent remplacer la voiture ou le scooter et participer à ce nouvel essor de la bicyclette !...

Pour situer les enjeux, rien de tel qu’un cas concret !

Nous les appellerons Pierre et Claire ! Saint-Egrèvois habitant dans un quartier un peu à l’écart des lignes de transport en commun, ils font chaque jour, respectivement, 28 km et 13 km ( aller et retour) pour se rendre sur leur lieu de travail. Pierre fait donc environ 5000 km par an pour ses trajets domicile travail dont la durée en voiture est mal maîtrisable : entre 20 minutes et 1 heure (1 heure 15 en transport en commun).

Après une période du « tout auto » (deux voitures), Pierre est passé au scooter 125 cm3 pour « éviter » les bouchons et faire des économies. Sur une année, entre l’assurance ( 350 Euros), l’entretien ( 200 euros) et le carburant ( 170 euros à raisons de 3 litre par km), il dépensait environ 720 euros. Pour Claire, en Clio, la dépense était supérieure pour un trajet deux fois moins long.

"En scooter, la traversée quotidienne de l’agglomération est assez stressante. Remonter les bouchons sur les voies rapides réclame beaucoup d’attention. Le risque d’un accident grave n’est pas négligeable. Par temps humide et froid, ayant peur de glisser, je prenais alors la voiture" nous dit Pierre.

A l’époque, ni Pierre ni Claire n’étaient vraiment attirés par le vélo. Pourtant Pierre fait un essai de vélo électrique ( VAE) pour aller au travail ( 28 km aller et retour). Résultat ! 35 minutes ! Sans efforts et sans transpiration ( pas de douche à l’arrivée) !

Il achète donc un kit de motorisation de son vélo de ville et le transforme pour 1000 euros en VAE.

Pas d’assurance ! Le droit d’emprunter les pistes cyclables ! 6 euros ( six ! ) de consommation d’énergie électrique annuelle ( pour 1 an !) ! Une vitesse soutenue de 25 km/h ! Une autonomie suffisante !

« Je fais désormais quotidiennement 1h10 d’exercice physique. Ce n’est pas un effort très violent, on peut comparer cela à une marche à allure soutenue. C’est excellent pour le cœur. L’hiver, j’avais très froid en scooter. En vélo, je n’ai jamais froid. Je trouve même qu’il est plus agréable de faire du vélo l’hiver que lors des journées chaudes de l’été ! Je ne parle pas de la satisfaction de pouvoir se garer presque n’importe où en ville et sans payer de parcmètre ! Cette année, j’ai même pris mon vélo lors des deux grosses chutes de neige. J’ai mis un peu plus de temps que d’habitude mais je suis arrivé bien avant mes collègues de bureau. »

Claire n’est pas en reste, elle achète un vélo électrique ( le coût varie entre 700 et 2000 euros ! A 1100 euros, on a un vélo très convenable et sa batterie).

Compte-tenu de frais d’entretien très limités ( chambre à air, pneus, patins de frein) d’un « plein d’électricité » dérisoire ( un peu plus d’un euros pour mille km), la principale dépense de fonctionnement est le renouvellement des batteries. Pour Pierre, qui roule beaucoup, c’est tous les deux ans pour un coût de 350 euros. Au final, il dépense environ 180 euros par an pour aller au travail.

540 euros d’économie pour Pierre , autant pour Claire ! Le bilan économique est sans appel ! D’autant qu’ils revendent le scooter et une voiture et annulent les assurances correspondantes.

C’est tout bénéfice aussi pour la collectivité !
- La réalisation de pistes cyclables est un investissement peu coûteux pour les finances publiques.
- Le vélo fait réaliser des économies d’espace ( pour le déplacement et le stationnement).
- Il ne pollue pas et donne une image dynamique à la ville !
- Et c’est du meilleur effet pour la balance commerciale de la France dont le déficit est du, en partie, à notre facture d’hydrocarbures.

Les grandes entreprises de Grenoble l’ont bien compris qui développent des plans de déplacements ( PDE) pour que leurs salariés « laissent la voiture au garage ». Parmi les mesures conclues : équipement pour le vélo, retour en taxi des cyclistes en cas de pluie !…

Nul doute que Pierre et Claire feront des émules. Dans la période de mutation que nous connaissons, le vélo, motorisé ou non, est l’avenir de nos agglomérations ( voir le succès des vélos en libre service « velib », « velov », « smartbikes » dont les noms, à eux seuls, réhabilitent l’image de la bicyclette).

Des "pistes" pour aider à la renaissance de la « petite reine » :

- l’obligation de créer dans l’habitat collectif des garage à vélos sûrs et accessibles
- la création de garage à vélos publics fermés là où l’habitat est ancien ( consignes à vélo)
- des aides ou des prêts à taux nul pour investir dans des vélos de ville classiques ou électriques !
- la poursuite du maillage de l’agglomération en pistes cyclables...

Pour quelques infos techniques sur les VAE :

http://fubicy.org/

http://cyclurba.fr/velo-electrique.php

http://www.velocito.fr/

 
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