Mois de juillet 2011
jeudi 21 juillet 2011

Tram E, PLU : consultation ou information ?

Les résultats des enquêtes publiques du tram E et du Plan Local d’Urbanisme de Saint Egrève sont dorénavant connus. Ils sont pour nous positifs, mais un retour s’impose sur le processus de décision. La lutte contre l’étalement urbain, la mixité sociale sont des nécessités reconnues par tous ceux qui pensent à long terme. Une densification maîtrisée de l’agglomération et une offre convaincante de transports publics sont indispensables pour répondre aux défis du climat, de l’énergie et offrir de meilleures conditions de vie à tous.

Réunions et documents sur l’évolution du projet de tram n’ont pas manqué. Cependant, les principaux décideurs, la Métro et le SMTC se sont bien gardés d’ouvrir la réflexion de fond sur l’évolution souhaitable de notre branche du Y grenoblois. Le tracé de la ligne E était en gros décidé dès le premier jour, et les variantes ont été à peine étudiées, juste pour donner l’illusion d’un débat. Le contrat d’axe est une caricature de démocratie, comme l’ont relevé les enquêteurs, puisque prévu dès 2006, il n’a été connu qu’après l’enquête publique sur la ligne E ! Avons-nous parlé du financement ? Comment échapper à une augmentation sensible de la fiscalité locale avec un endettement du SMTC équivalent à près de 2 ans de son budget annuel (pire qu’en Grèce !). Cet endettement colossal n’est-il pas une façon de camoufler un financement insuffisant de la part du conseil général, qui présente ainsi des finances plus saines ? Des alternatives concernant un grand nombre d’usagers, et potentiellement moins coûteuses ont été écartées a priori : p.ex. desserte des 15000 emplois de la presqu’île scientifique en prolongeant la ligne B jusqu’à Fontanil par St Martin le Vinoux et St Egrève, la ligne E s’arrêtant à l’Esplanade.

Faut-il aussi conserver pour le futur la séparation actuelle entre logements et zones d’activité, source de trajets plus longs ? Quelles connexions entre la presqu’île et notre canton, en transports publics, en modes doux, en voiture ?

Beaucoup d’acteurs ont leur mot à dire sur l’évolution de notre agglomération, dans les domaines économiques, sociaux, culturels, etc… On ne peut arriver à un consensus que si un débat contradictoire a eu lieu, avec un examen sans a priori de plusieurs options. L’information du public ne suffit pas.

Aujourd’hui, les choix décisifs pour notre agglomération sont faits par la Métro et le SMTC. C’est une nécessité pour la cohérence des aménagements. Mais les responsables des décisions sont désignés par les communes. Ils ne présentent pas de programme à des élections, et ne rendent pas compte de leur mandat devant les électeurs. Ce déficit de démocratie s’est traduit par l’apparition chez de nombreux habitants d’une hostilité au tram et au PLU, qu’une concertation réellement ouverte aurait peut-être évitée.